
Cette soirée est généreusement soutenue par
Éloge d’Hélène et Défense de Palamède de Gorgias de Léontium
Il y avait presque évidence à donner maintenant la parole à Gorgias. Après avoir entendu le mois dernier Phèdre et Socrate échanger à plaisir sur la Beauté dans « Eupalinos« , Socrate dans sa dernière réplique s’exclamant « …tout ce que nous venons de dire est aussi bien un jeu naturel du silence de ces enfers, que la fantaisie de quelque rhéteur de l’autre monde qui nous a pris pour marionnettes! », ce même Socrate mis en scène par la facétie de Valéry dégageant en début de dialogue que « Le réel d’un discours, c’est après tout cette chanson, et cette couleur d’une voix, que nous traitons à tort comme détails et accidents », il y avait pleine logique à inviter sous l’égide de Mars cet adversaire devant qui au début du dialogue de Platon auquel son nom donne titre, la guerre, la bataille se reformule en fête: il s’y recherche définition et objet de l’art que possède le sophiste, la rhétorique, productrice de persuasion par opposition au « désir insatiable de convaincre qui anime l’inventeur de la maïeutique. Lire la suite

Viendront se donner à entendre ce dernier Dimanche de Février, ce que nous pourrions appeler, imitant René Char, les Feuillets d’Eupalinos, une lecture de pages choisies d’Eupalinos de Paul Valéry, essai-poème renouvelé des dialogues platoniciens, explorant le bonheur et l’essence de l’architecture comme point de rencontre et de réalisation périlleux et magnifique entre la pensée et le concret.



« Au printemps, Tipasa est habitées par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes e fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement d saisir autre chose que des gouttes de lumière, et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L’odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. A peine, au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s’ébranle d’un rythme sûr et pesant pour aller s’accroupir dans la mer.»





Au seuil de l’édition de ses Œuvres complètes parues dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1972, Saint-John Perse rédige lui-même sa biographie et fait belle place à son enfance: « 1887, 31 Mai: naissance à la Guadeloupe de Marie-René Alexis Saint-Leger Leger, seul garçon d’une famille de cinq enfants. (…) L’enfance se passe d’abord à la Pointe-à-Pitre, puis à Saint-Leger-les-Feuilles », îlet dont il a été précisé que c’est le lieu exact de sa venue au monde, « île de plaisance de moins de trois hectares appartenant alors à la famille paternelle du poète », l’enfant y grandit « en compagnie d’un grand chien de sauvetage et de bêtes rares importées de Guyane, et sur les deux plantations de la famille maternelle: « l’Habitation » La Joséphine (caféière), sur le versant ouest de l’île, au pied du volcan La Soufrière, et « L’Habitation » Le Bois-Debout (exploitation sucrière) sur le versant est, face aux îles des Saintes et de Marie-Galante. 