« Le Théâtre et son Double », lecture des deux premiers opuscules « Le théâtre et la culture » et « Le théâtre et la peste »
Premier rendez-vous de notre cycle de rencontres littéraires en compagnie de la comédienne Isabelle Fournier
La soirée se terminera par un verre
« Jamais, quand c’est la vie elle-même qui s’en va, on n’a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d’une culture qui n’a jamais coïncidé avec la vie et qui est faite pour régenter la vie.«
Notre désir est d’offrir feu, notre désir est d’ouvrir goût d’un livre qui se fend tel passage en nous qu’il nous anime et nous inspire d’un mystère qui flamboie d’évidence dès lors qu’il redevient parole, dès que le texte s’accomplit d’être prononcé, rendu à la voix première qui le risqua, l’aventura, et je vois dans l’italique des caractères de la Préface, « Le théâtre et la culture », une convoitise du manuscrit, comme une version de la voix vers la main….
Cette préface, dernière venue pour l’édition du livre, cède le pas à un cortège de conférences peu à peu publiées au fil des années 30, mais d’abord communiquées hic et nunc, et cette vocation première des opuscules nous invite encore à les dire!
Et il est frappant que le perron à deux degrés que dessinent les textes liminaires, « Le théâtre et la culture » et « Le théâtre et la peste » saisissent le corps si violemment dans l’expression de ses besoins les plus vitaux, la faim, le souffle, puis par l’évocation de sa fragilité, sa vulnérabilité, jusqu’à la représentation de sa plus extrême ruine et de sa métamorphose allant jusqu’à transmutation par la maladie, elle-même exprimée comme l’effet d’une morsure première de l’imagination…
Et quand il se découvre par le génie de cette langue et de cette pensée, que ces manques et ces blessures nous tirent d’inertie mortifère, et livrent, commandent accès à autre chose, nous ne pouvons plus réprimer la force d’ébranlement de ce faisceau de fièvres et il nous brûle de livrer, de transmettre par et dans la présence, l’incision vive qu’il nous fut.
« Il faut croire en un sens de la vie renouvelé par le théâtre, et où l’homme impavidement se rend le maître de ce qui n’est pas encore, et le fait naître. Et tout ce qui n’est pas né peut encore naître pourvu que nous ne nous contentions pas de demeurer de simples organes d’enregistrement. »
Antonin Artaud
Texte d’Isabelle Fournier
Programme complet
Cette soirée est généreusement soutenue par





« A la question toujours posée: pourquoi écrivez-vous? La réponse du Poète sera toujours la plus brève: pour mieux vivre et de plus loin. » Cette citation de Saint-John Perse pourrait donner fronton à notre geste, livrant même réponse à la question infléchie, dérivée, induite de la première, qui pourrait être: « pourquoi lit-on encore? » Le désir a jailli d’offrir temps de rencontre autour de textes phares, de déguster ensemble des écrits qui orientent, qui interrogent et aident à vivre, le désir va chanter d’en faire monter la voix qui délivre le sens ou son enquête, sa quête. Il s’est choisi le Dimanche à 18h, à l’heure où s’envisagent à nouveau les obligations et la course de la semaine, pour prendre temps d’accueillir et d’ausculter ces voix amies de générosité inlassable que sont les livres. Je veux que ma passion et mon métier de la scène s’emploient par des mises en espaces et des lectures actées à porter haut de mois en mois quelques uns de ces flambeaux dont la force et la beauté me guident, vous en recueillerez la flamme, je gage que vous aurez à votre tour brûlure à la porter plus loin.



nous avons le plaisir de vous présenter nos
